Dr Bandar Hajjar : Intérêt grandissant pour l’énergie propre et plus de 3,4 milliards USD de financements pour le secteur

Le Président du Groupe de la Banque islamique de développement, M. Bandar HAJJAR, a déclaré que le groupe accorde une attention particulière au développement des projets d'énergie propre dans les pays membres. L’objectif du groupe est d’assurer la durabilité de l’environnement et de réduire les coûts des projets financés.

Le Président du Groupe de la Banque islamique de développement, Dr Bandar Hajjar, a déclaré que le groupe accorde une attention particulière au développement des projets d'énergie propre dans les pays membres. L’objectif du groupe est d’assurer la durabilité de l’environnement et de réduire les coûts des projets financés.

Il a ajouté que les pays membres disposent d'énormes sources d’énergies renouvelables, telles que l’hydroélectrique, le solaire et l’éolien. Le président a confirmé que le financement du groupe pour les énergies renouvelables s’élève à 3.403 milliards de dollars des Etats-Unis. De ce montant, 2,8 milliards de dollars des Etats-Unis ont été accordés par la banque en faveur de 53 projets, soit environ 20% du financement de la banque pour le secteur de l’énergie dans son ensemble. Le financement de la Société islamique pour le développement du secteur privé à ce secteur est de 133 millions de dollars des Etats-Unis, tandis que la Société islamique d’assurance des investissements et des crédits à l’exportation a fourni 470 millions de dollars des Etats-Unis en assurance à des projets d’énergies renouvelables dans les pays membres.

Priorité élevée

Au sujet de la priorité élevée accordée au secteur des énergies renouvelables, Dr Bandar Hajjar a souligné que les énergies renouvelables propres sont l’une des principales sources d'énergie que tous les gouvernements veillent à exploiter. Outre qu’elles constituent une source propre et durable, les énergies renouvelables contribuent largement à la croissance économique et les spécialistes de l’environnement y comptent beaucoup dans la lutte contre le réchauffement de la planète et dans la préservation de la planète des effets des changements climatiques. S.E. le président a évoqué l’intérêt devenu de plus en plus croissant ces dernières années aux énergies renouvelables, notamment en raison de leur faible coût. Il a dit que les coûts des projets d’énergie solaire ont connu une baisse significative, en particulier dans les États arabes du Golfe. En effet, le Royaume d'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont enregistré des coûts bas record dans les projets d'énergie solaire, ce qui rend cette source plus compétitive face aux autres combustibles disponibles sur le marché.

Energie propre et Objectifs de développement durable

Le président a cité au titre de l’intérêt porté aux énergies renouvelables dans le monde l’unanimité de tous les Etats membres des Nations Unies de consacrer en 2015 tout un objectif à l’énergie parmi les dix-sept Objectifs de développement durable. Il s’agit du septième objectif qui affirme l’importance de « garantir l’accès de tous à des services énergétiques fiables, durables et modernes ». Trois cibles spécifiques ont été définis pour déterminer dans quelle mesure cet objectif sera atteint d’ici 2030, la plus importante étant d’accroître nettement la part des énergies renouvelables dans le bouquet énergétique mondial.

Dr Bandar Hajjar a déclaré nous, institution de développement visant à favoriser le développement social et économique dans les pays et sociétés islamiques du monde entier, accordons un grand intérêt au secteur de l'énergie dans son ensemble car il est un pilier fondamental des efforts de développement déployés par la banque dans tous les autres secteurs. Le financement du Groupe de la BID, y compris la Société internationale islamique de financement du commerce et la Société islamique pour le développement du secteur privé, pour le secteur de l'énergie affiche environ 56 milliards de dollars des Etats-Unis, soit 40% des financements du groupe depuis sa création. La Société islamique d’assurance des investissements et des crédits à l'exportation a aussi fourni 22 milliards de dollars des Etats-Unis en assurance à des projets d’énergie.

Énergie propre et politique de la banque

S’agissant de la politique que mène la banque dans le secteur de l’énergie, y compris les énergies renouvelables, le président a souligné qu’elle repose sur quatre piliers principaux, à savoir l’accroissement nette de la part des énergies renouvelables dans le bouquet énergétique des pays membres, l’énergie pour tous, l’efficience de la consommation en énergie, et la promotion et la diffusion de la connaissance sur le secteur. Il a ajouté que tous les piliers de la politique du secteur de l’énergie de la banque sont alignés sur l’ODD 7. La politique met également l’accent sur l’adoption de modèles efficaces et innovants, en collaboration avec d’autres partenaires de développement, afin de créer des programmes de lutte contre la pauvreté en énergie durable, en plus de mettre en place des modes de financement innovants, et d’exploiter les opportunités par la création avec les partenaires de modes de financement variés dans le domaine des énergies renouvelables. Dr Bandar Hajjar a souligné que la banque appuie aussi l’ODD 7 sur l’énergie propre par des activités relevant de la science, de la technologie et de l’innovation. Afin de garantir un flux régulier de financements dans ce domaine vers les pays membres, la banque a créé le fonds Transform de 500 millions de dollars des Etats-Unis et la plateforme Engage lesquels appuient les initiatives de science, de technologie et d’innovation dans les pays membres. Il a ajouté que le fonds investit des millions de dollars chaque année pour apporter un changement significatif aux vies de millions de personnes. Le fonds ouvre aux scientifiques et innovateurs la possibilité de faire des percées percutantes dans la réalisation des Objectifs de développement durable, notamment l’ODD 7. 

Centre d’énergie durable

Dr Bandar Hajjar a affirmé qu’en raison de l’intérêt qu’accorde la banque aux énergies renouvelables, il a tenu à consolider les partenariats existants et à tisser d’autres avec des organismes internationaux compétents en la matière. Il s’agit entre autres de SEforALL avec laquelle la banque a passé un accord de partenariat sur le lancement du « Centre d’énergie durable pour tous au Moyen-Orient » qui sera abrité par la banque et utilisé comme plateforme permettant aux pays membres d'accélérer la réalisation des Objectifs de développement durable dans le domaine de l’énergie. La plateforme a effectivement été lancée à l’occasion de la réunion annuelle de l’organisation tenue en mai 2018. Le président a indiqué que le centre se veut une plateforme de coopération, de sensibilisation des pays membres à l’énergie durable, mais aussi de promotion de partenariats et de mesures incitatives à chaque pays afin de réaliser l’ODD 7. Il a ajouté que pour accroître l’efficacité du centre, la banque a également signé un accord de partenariat avec la Commission économique et sociale des Nations Unies pour l’Asie occidentale (CESAO), pour son accession au centre, ce qui renforcera la coopération régionale sur l’accès aux services énergétiques et l’augmentation de la part des énergies renouvelables.

Dr Bandar Hajjar a expliqué que dans le cadre des activités conjointes du centre, la banque a collaboré avec la commission sur la publication d’un rapport relatif à la réalisation de l’objectif de développement durable sur l’énergie dans la région arabe. Il s’agit d’assurer le suivi des progrès obtenus par les pays arabes dans la réalisation des cibles, notamment la part des énergies renouvelables dans le bouquet énergétique. Le rapport a été publié en collaboration avec la CESAO, en marge de la Conférence internationale sur les changements climatiques qui s’est tenue à Madrid en décembre 2019 (COP25). Il constitue un outil important d’aide aux pays arabes dans le renforcement des politiques qui doivent être proactives afin d’améliorer la sécurité énergétique, l’adaptation aux changements climatiques, mais aussi l’adoption des Objectifs de développement durable dans les politiques nationales et régionales sur l’énergie. 

Coopération avec les organisations spécialisées

Le président de la banque a souligné que parmi les institutions avec lesquelles la banque coopère dans le domaine, figure l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA) qui est une organisation intergouvernementale dont la vocation est d’encourager l’adoption des énergies renouvelables dans le monde entier et de fournir l’expertise nécessaire à l’application et l’élaboration de politiques pertinentes. La banque et l’agence ont organisé plusieurs ateliers et séminaires sur les énergies renouvelables. Consciente de l'impact de la propagation de la Covid-19, notamment dans les zones reculées, la banque explore actuellement avec l’agence l’utilisation de l’énergie solaire pour alimenter les centres de santé des zones reculées.

Le président a déclaré que la banque, mue par la volonté de diffuser et de partager les connaissances sur les énergies renouvelables, a rejoint le Réseau des politiques des énergies renouvelables du 21e siècle » (Ren21) dont l’objectif est d’échanger les informations sur le secteur et de développer des politiques pertinentes. Le réseau compte plusieurs parties et institutions internationales et multilatérales de financement, des sociétés privées, des établissements académiques et des institutions gouvernementales. 

Historique de l’intérêt de la banque pour les énergies renouvelables

Il convient de noter que la banque a commencé à se tourner vers les énergies renouvelables depuis sa création. En effet, elle a approuvé en 1976 le financement du projet de la centrale hydroélectrique de Song Loulou au Cameroun. La banque ne cesse depuis de financer les énergies renouvelables sous leurs différentes formes, hydroélectrique, solaire, éolienne, mais également les autres formes en usage. En se fondant sur les principaux piliers de sa politique pour le secteur de l’énergie, la banque entend augmenter la part des énergies renouvelables dans le portefeuille de ses financements par des stratégies de partenariat avec les pays membres.

Dans le prolongement des efforts qu’elle ne cesse de déployer pour accroître l’étendue de ses programmes relatifs à la lutte contre les changements climatiques et aux énergies renouvelables, la banque a émis vers la fin de 2019 ses tous premiers « soukouk verts » d’un milliard d’euros destinés à financer des projets d'énergie propre et des projets respectueux de l'environnement. La banque a adopté des règles et des conditions d’éligibilité au financement par les fonds mobilisés, conformément aux exigences environnementales, ce qui a attiré les investisseurs intéressés par l’énergie propre.

La banque s'emploie également à contribuer au financement de projets en partenariat entre les secteurs public et privé dans le domaine des énergies renouvelables afin d’inciter le secteur privé à entrer dans ce domaine important. Les rapports les plus récents révèlent la difficulté rencontrée par les institutions financières multilatérales de dégager les fonds nécessaires pour répondre à toutes les demandes des pays sur les énergies renouvelables et leur permettre de satisfaire leurs contributions volontaires en termes de réduction des gaz à effet de serres annoncées au titre de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques.

L’accroissement de la part des énergies renouvelables dans le bouquet énergétique des pays membres nécessite l’introduction des énergies renouvelables parmi leurs priorités stratégiques et des plans d’action de mise en œuvre clairs. Par ailleurs, la banque ne cesse de déployer des efforts importants pour amener les pays membres à porter un intérêt particulier aux énergies renouvelables dans l’élaboration de leurs stratégies de partenariat avec la banque et à adopter des législations devant permettre au secteur privé d’y contribuer.