Agriculture, développement rural et sécurité alimentaire sont les principaux domaines d’intervention de la Banque islamique de développement en Iran. L'agriculture en particulier est un secteur vital pour le peuple iranien, qui contribue à 11% du PIB de l'Iran et emploie environ 20% de la population active. Le faible niveau de pluviométrie en Iran et ses précipitations inégalement réparties signifient que les mois d'hiver humides sont souvent suivis par de longs étés secs. La demande en eau est en augmentation - à des fins industrielles et domestiques ainsi que pour l'agriculture.

Pour parer à cette situation, le gouvernement a sollicité l’aide de la BID pour la construction de plusieurs grands barrages destinés à fournir de l’eau à partir de systèmes d’irrigation. Environ 9 millions d’hectares (ha) de terre agricole sont actuellement irrigués en Iran. Pour réaliser le plan du gouvernement visant à irriguer 200 000 ha de terre additionnels en 2019, la construction de ces barrages se révèle être une nécessité. L'irrigation ne serait pas seulement une réponse à l'épuisement des réserves d'eau souterraine, mais grâce à l'augmentation de la production agricole et à la sécurité de l'approvisionnement alimentaire interne de l'Iran, les agriculteurs verront leurs revenus augmenter considérablement.

Le barrage de Amydogmoosh

Un projet intégrant le barrage d'Aydogmoosh a massivement transformé la vie des agriculteurs des environs qui ont souffert des années durant de pénuries d'eau. Peu de temps après l'achèvement du projet, les agriculteurs ont formé une association des utilisateurs d'eau pour gérer et entretenir le système d'irrigation qui achemine l'eau du réservoir à leurs exploitations agricoles. L'association dispose d'un comité de 40 personnes, qui répartit l'eau entre les agriculteurs, entretient les canaux d'irrigation et l'équipement de la nouvelle station de pompage. Cette formule a été un tel succès que l’association veut maintenant prendre le contrôle du barrage également.

L’un des objectifs gouvernementaux pour le barrage d'Aydogmoosh était d’accroître l’emploi et d’ancrer les populations dans leurs localités rurales, prévenant ainsi l'exode rurale. M. Davoud Ghaffarzadeh, le représentant gouvernemental pour le réseau d'irrigation, estime que le barrage a créé environ 2 000 emplois, et que ce chiffre est appelé à croître une fois le réseau entièrement construit. Le barrage a réussi non seulement à réduire la migration urbaine, mais aussi à inverser la tendance, car de plus en plus de gens retournent dans leurs localités d'origine pour profiter des nouvelles opportunités disponibles.

 

Le barrage Bar

Le barrage Bar, un autre ouvrage financé par la BID, est un autre succès retentissant pour l'Iran. Il soutient l'agriculture, l'industrie et l'approvisionnement en eau potable des villes voisines de Neyshabour et Firuzeh, ainsi que de 20 autres petites villes. Depuis la fin du barrage en 2013, les agriculteurs des environs ont vu leurs rendements augmenter de manière significative. M. Mohamed Hesavi vit à Golshan Abad, village situé près du barrage. Il est cultivateur depuis 53 ans. Il récolte maintenant 2 tonnes de blé et d'orge de plus dans sa ferme. Le nouveau barrage a massivement réduit les risques d'inondation dans la région, grâce à une meilleure régulation des débits de la rivière et des réservoirs, sans quoi les cultures seraient complètement détruites.

Le barrage Bar a également été profitable aux aciéries The Khorasan Steel Company, qui ont utilisé l'eau d'irrigation pour refroidir leurs machines. Selon le directeur adjoint, MH Eshayghian, la modification de l'approvisionnement en eau a considérablement amélioré la qualité de l'eau qui  contient désormais moins de sédiments, ce qui réduit considérablement la corrosion et le colmatage de l'équipement de l'usine. Le succès du projet a conduit au développement de deux nouvelles usines qui, une fois achevées, devraient porter la production d'acier à 1,5 million de tonnes par an et créer 600 nouveaux emplois.

L’investissement du gouvernement dans l’eau d’irrigation a mis en évidence d'autres zones rurales souffrant de stress hydrique en Iran. Le lac Orumiyeh a été soumis à un stress important en raison de la baisse des niveaux d'eau. Avec environ 6 millions de personnes vivant autour du lac, le gouvernement iranien a dû réévaluer ses priorités pour la région. Il a révisé de moitié ses objectifs initiaux d'irrigation de 40 000 ha de terres pour faire un compromis entre les besoins des utilisateurs agricoles près des barrages et ceux vivant près du lac.

La BID a également contribué à la sécurité alimentaire en Iran en aidant à financer deux grands silos à grains publics dans les villes d'Orumiyeh et de Bijar. Achevées en 2005, ces silos peuvent stocker 50 000 tonnes de blé, augmentant ainsi considérablement la capacité de stockage dans ces régions. Ceci a également permis de réduire les coûts de transport et modernisé le stockage du blé dans les deux villes.

La BID a toujours été un partenaire fiable pour le gouvernement iranien dont les projets agricoles, dans l'ensemble, ont été couronnés de succès. La production de denrées alimentaires en quantités suffisantes pour l'exportation continuera d’être un défi pour l'Iran. Il est essentiel que le gouvernement et les ministères concernés adoptent une approche intégrée de gestion des ressources en eau afin de garantir un accès équitable pour tous les utilisateurs à une ressource sous stress. Les gens vivant à proximité des barrages et des silos bénéficient déjà des retombées positives du projet ; et d'autres en feront de même à mesure que ces investissements serviront les intérêts futurs à long terme de l'Iran.