Éclairer l'Égypte

Écrit par : Abdelnaby M. Gaffer

« La coopération entre l'Égypte et la Banque islamique de développement (BID) s'est considérablement développée ces dernières années, avec un financement total de 12,4 milliards de dollars des États-Unis. La part la plus importante de ce montant (79,4 %) a été consacrée au développement du secteur énergétique. L'expansion et le développement des centrales électriques et à gaz dans toute l'Égypte ont permis d’améliorer la capacité de production d'électricité pour répondre à une demande sans cesse croissante. L'engagement de la BID dans le secteur énergétique égyptien répond à sa politique en matière d’énergie, aux priorités du Gouvernement et à la stratégie du pays pour le secteur. En 2019, la BID et l'Égypte ont convenu d'allouer 3 milliards de dollars des États-Unis supplémentaires jusqu'en 2021 pour soutenir plusieurs projets de développement, notamment dans les domaines de l'électricité, des transports, de l'éducation et d'un partenariat avec le secteur privé ».

Comme d’habitude, j'allais en Égypte pour y passer mes congés annuels. Alors que je prenais place dans l'avion, un homme d’un certain âge est arrivé, m'a salué et s'est assis. Nous avons commencé à bavarder et j’en su un peu plus sur lui. Ahmed était ingénieur électricien originaire du gouvernorat d'Assiout et travaillait pour la compagnie Ben Laden depuis plus de 10 ans.

J'ai expliqué que j'étais un employé de la Banque islamique de développement en Arabie Saoudite, et que j'y travaillais depuis près de 18 ans. Dès qu'il a entendu cela, Ahmed a souri et m’a dit : « Vous travaillez dans une institution qui est un symbole du développement dans les pays musulmans ».

Je lui ai dit qu'il semblait bien connaître la Banque, comme s'il était l'un de ses employés. Il m'a répondu : « Cette institution est bien connue en ce qui concerne le développement économique et social dans le monde musulman, surtout en temps de catastrophe et de crise. La BID est un partenaire stratégique au développement dans de nombreux pays, dont l'Égypte. En fait, elle a été l'un des partenaires stratégiques chargés de relancer les secteurs de l'électricité et du gaz en Égypte ».

J'ai demandé pourquoi la BID s'était engagée dans ces secteurs en particulier, et il a expliqué qu’en 2014, la crise de l'électricité et du gaz en Égypte a eu un effet désastreux sur tous les autres secteurs du pays et que de nombreux réseaux électriques et lignes de gaz avaient été détruits.

Ahmed a expliqué comment pendant la crise la vie quotidienne en Égypte a été gravement affectée. Le secteur des transports était perturbé, en particulier les chemins de fer et le métro. Les boulangeries et les stations de pompage d'eau avaient cessé de fonctionner, et l'Égypte a connu des queues quotidiennes pour le gaz, le pain et l'eau ; même les institutions vitales de l'État n'avaient pas été épargnées.

La crise a été aggravée par le fait que l'Égypte avait tout fait pour obtenir des prêts de banques internationales, ce qui l'a empêchée de construire de nouvelles centrales électriques. En conséquence, des réseaux inadéquats ont fonctionné à pleine capacité pour répondre à la demande croissante, et les arrêts régulièrement programmés pour la maintenance ont été annulés. Cela a entraîné une baisse d’efficacité, une réduction de la durée de vie et un risque élevé de nouvelles coupures de courant. Mais, au milieu de l’année 2015, le Gouvernement a annoncé qu'une nouvelle loi serait adoptée pour libéraliser le secteur de l'électricité. En vertu de cette loi, l'État ne gérerait plus les services publics, mais il les réglementerait et en assurerait la coordination. La production, la distribution et la transmission d’électricité seraient séparées et privatisées, et le rôle de l'État se limiterait à maintenir la compétitivité du secteur.

En guise d’assistance, la BID a travaillé en étroite collaboration avec le Gouvernement pour mettre en œuvre des projets cruciaux dans des gouvernorats clés. La Société internationale islamique de financement du commerce, une entité affiliée de la BID, avait conclu un accord de financement mourabaha avec le Gouvernement égyptien, pour l’importation de produits pétroliers, de blé et d'autres produits de base.

La Société internationale islamique de financement du commerce et le Gouvernement égyptien avaient également signé un accord de financement dans lequel ils convenaient de financer l'importation de pétrole, de denrées alimentaires, de blé et d'autres produits de base, sous forme d'une mourabaha à hauteur de 3 milliards de dollars des États-Unis. 

En Égypte le secteur de l'électricité a connu une croissance rapide au cours des cinq dernières années, avec une capacité installée qui est passée de 30 Gw en 2013 à 55 Gw en 2018. Le financement de la BID a facilité les efforts déployés par le Gouvernement égyptien pour produire environ 4000 mégawatts supplémentaires et construire 174 km de lignes de transmission et de distribution. L'intervention dans le secteur a permis d'augmenter l’accès à l'électricité pour plus d'un demi-million de personnes, et il est prévu que plus de 22 millions de personnes en bénéficieront une fois que les projets en cours auront été mis en œuvre. L'expansion et le développement des centrales électriques ont permis d'élever le niveau de vie et le niveau économique des populations et d'augmenter la capacité du système de production pour répondre à une demande croissante.

Ahmed et moi avons poursuivi notre discussion durant le vol. C’était intéressant d’en savoir mutuellement sur les progrès accomplis par l’Égypte au cours des dernières années, car c’est un pays qui nous est cher. Nous avons aussi parlé du remplacement et de la rénovation de 22 stations, ainsi que de l'installation d'unités de pompage complètes dans des zones où cela a entraîné le changement souhaité. La BID a financé la fourniture d'équipements de maintenance et de remplacement pour 29 stations, la fourniture de 50 moteurs électriques et de boîtes de vitesses pour 36 stations. Elle a également pris en charge la formation et le renforcement des capacités des employés du ministère de l'Irrigation, ainsi que des ateliers et l'audit financier du projet.

Nous étions d’accord qu’une bonne coopération permettait de réaliser des choses extraordinaires. En tant que partenaires stratégiques, l’Égypte et la BID ont agi de concert pour réaliser des résultats de développement qui sont visibles sur le terrain. Le pays dispose désormais de grandes centrales électriques et d'un excédent d'électricité et de gaz ; sa superficie agricole a augmenté et les résultats de la plupart des secteurs se sont améliorés. J’espère m’en rendre compte de visu durant ma visite.

Lorsqu'on nous a demandé d'attacher nos ceintures pour l’atterrissage à l'aéroport du Caire, Ahmed s’est tourné vers moi et m'a dit : « c'était un plaisir de rencontrer un employé de la BID. Nombreux sont ceux qui partout dans le monde, considèrent la BID comme la plus grande institution de développement du monde musulman et je remercie la Banque et ses employés ». J’ai souri et je l’ai remercié à mon tour de m’avoir tenu compagnie. Comme l’avion descendait, je regardé par le hublot et vu des milliers de lumières scintillantes éparpillées comme des étoiles sur le Caire, illuminant toute la ville.