En un clin d'œil

Le récit de : Hussain Yacoub
Écrit par : Abdelhakim Yessouf en association avec Waleed Alwaheeb, Jean-Michel Happi, Riad Ragueb Ahmed, Khemais El Gazzah, et Mohannad Zafer Almashharawi

« En 2008 la BID a lancé l'Alliance pour la prévention de la cécité évitable qui regroupe des partenaires du monde entier pour promouvoir et renforcer les capacités de s’attaquer aux causes profondes de la cécité en Afrique. L'objectif premier était de traiter la cataracte, qui est la principale cause de cécité dans de nombreux pays où les ophtalmologues sont peu nombreux et où il n'y a pas les compétences nécessaires pour effectuer des interventions chirurgicales. Dans La première phase de cette initiative, huit pays ont été ciblés : le Bénin, le Burkina-Faso, le Tchad, Djibouti, le Cameroun, la Guinée, le Mali et le Niger. L’Alliance a fourni des soins ophtalmologiques à plus de 244 000 personnes et rendu la vue à 49 000 autres qui étaient frappées de cécité ».

Hussain habite le village de Jamara dans la province de Wadi Fira, à 1 000 km de la capitale tchadienne N'Djamena, avec sa femme Fatima et leurs trois adorables enfants. Tous les trois enfants ont une cataracte due à une cécité congénitale. Étant un pauvre agriculteur, Hussain n'avait pas les moyens de supporter le coût élevé de leur traitement à l'hôpital. Il a travaillé dur pour gagner assez et payer les frais de traitement de sa fille aînée en premier, afin qu'elle puisse aller à l'école comme les autres enfants du village de son âge, mais malheureusement, Il n'y est pas arrivé.

Un jour, Hussain a entendu parler de l'Alliance pour la prévention de la cécité évitable. Fondée par la Banque islamique de développement (BID), elle offre un traitement gratuit aux personnes atteintes de cataracte. Selon les estimations, 253 millions d'hommes, de femmes et d'enfants dans le monde souffrent de déficiences visuelles, et 89 % d’entre eux vivent dans des pays à faible revenu. 

La cécité est un obstacle à l'inclusion sociale et économique des personnes qui en sont affectées : les enfants de Hussain ne pouvaient pas aller à l'école et en grandissant, ils ne pourront pas mener une vie indépendante. En effet, ils allaient dépendre du soutien des familles et se retrouver dans un cycle de pauvreté, une vie que Hussain ne voulait tout simplement pas pour eux.

Hussain a commencé à en apprendre davantage sur l'Alliance et l'impact des campagnes qu'elle avait menées. Puis un jour, Il a appris qu'une campagne avait été lancée dans la région voisine d'Adri, non loin de chez lui. Il s’est empressé de s'y rendre, car il avait appris que la BID offrait un traitement gratuit aux pauvres et aux nécessiteux. Il est parti avec ses trois enfants, et heureusement, ils reçurent le traitement dont ils avaient besoin.

Ses trois enfants ont recouvré la vue et sont maintenant scolarisés. Hussain et sa femme ont pleuré de joie et remerciaient Allah chaque jour d’avoir redonné la vue à leurs enfants, et de leur avoir offert une seconde chance dans la vie. Ils sont toujours reconnaissants aux organisateurs de la campagne et à ceux qui ont favorisé l'engagement du Groupe de la BID dans l'Alliance pour la prévention de la cécité évitable.

La BID a lancé l'Alliance pour la prévention de la cécité évitable en 2008 pour faire face aux situations humanitaires touchant des enfants comme les enfants de Hussain. L'Alliance est une initiative régionale qui repose sur des mécanismes de coopération Sud-Sud et une approche multiforme du problème de la cécité.

Dans sa première phase qui s'est déroulée de 2008 à 2015, l'Alliance a ciblé huit pays : le Bénin, le Burkina-Faso, le Tchad, Djibouti, le Cameroun, la Guinée, le Mali et le Niger. L'objectif premier était de traiter la cataracte, qui est la principale cause de cécité dans de nombreux pays où les ophtalmologues sont peu nombreux et où il n'y a pas les compétences nécessaires pour faire des interventions chirurgicales. L'Alliance a réussi à obtenir des résultats impressionnants en coordonnant les efforts des organisations non gouvernementales de santé oculaire, des ministères de la santé, des centres de formation et des donateurs.

Au cours de la première phase des activités de l'Alliance, la BID a acquis une expérience précieuse, noué des partenariats importants, mis en place des infrastructures et développé des pratiques de travail efficaces pour renforcer la coopération dans la lutte contre la cécité. Les objectifs fixés pour la deuxième phase qui a débuté en 2018 pour se poursuivre jusqu'en 2022 sont ambitieux puisque la coalition vise à réaliser environ 100 000 opérations chirurgicales pour traiter la cataracte, ausculter près d'un million d'enfants et leur fournir des lunettes si nécessaire, ainsi qu'à établir au moins six nouveaux centres de traitement. Elle prévoit également de renforcer au moins trois centres de formation régionaux, former 90 professionnels des soins oculaires et octroyer 40 bourses de spécialisation en ophtalmologie et en soins infirmiers ophtalmologiques.

Pour renforcer le financement de la deuxième phase des activités de l'Alliance, la BID et le Fonds de solidarité islamique pour le développement ont organisé une réunion de coordination des partenaires de l'Alliance à Istanbul, Turquie, en mars 2018. Plusieurs nouveaux partenaires y ont participé et la réunion a rassemblé plus de 50 participants représentant 32 institutions partenaires de 13 pays : Azerbaïdjan, Autriche, Brésil, Égypte, Koweït, Malaisie, Mali, Maroc, Libye, Palestine, Qatar, Arabie Saoudite et Tunisie.

Cette réunion a donné l'occasion de gagner l’appui de partenaires techniques et financiers. Le Gouvernement turc s'est engagé à prendre en charge les coûts d'un million d'opérations chirurgicales pour traiter la cataracte et à fournir 10 millions de paires de lunettes pour les enfants. Sa promesse a encouragé d'autres partenaires à contribuer financièrement et en nature pour soutenir le programme de travail de l'Alliance et, au total, les engagements se sont chiffrés à environ 250 millions de dollars, dépassant largement le budget initial prévu (30 millions de dollars des États-Unis).

Après cette réunion extraordinaire, la BID et le Fonds de solidarité islamique pour le développement ont lancé la deuxième phase de l'Alliance pour la prévention de la cécité évitable lors de la 43e Réunion annuelle du Groupe de la BID qui s'est tenue en avril 2018 à Tunis. Trente-deux partenaires se sont inscrits pour la deuxième phase en présence du président du Groupe de la BID et se sont engagés à apporter un soutien financier et technique. Comme convenu lors de la réunion précédente, le volume global des engagements signés s'est chiffré à environ 250 millions de dollars des États-Unis.