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Train express pour la prospérité

Écrit par : Mouchili Mayoua, en association avec Saliou LO

« Dakar, la capitale du Sénégal, est confrontée à une crise des transports. Le nombre de véhicules à moteur dans la ville augmente à un rythme de plus de 8 % par an. Seuls 10 % de la population de Dakar ont une voiture, tandis que 76 % utilisent une forme ou une autre de transport en commun et font face à des embouteillages réguliers, avec en prime un service de mauvaise qualité. La Banque islamique de développement a contribué à hauteur de 300 millions d'euros à la mise en place d'un nouveau système de transport en commun, avec le remplacement de l'ancienne ligne de chemin de fer et la construction de passerelles pour piétons et de ponts routiers pour la circulation, afin de relier les deux côtés du corridor ferroviaire. Le développement du nouveau système de transport en commun a permis d’améliorer la vie de milliers d’habitants de la banlieue de Dakar, de réduire la pollution due au transport et de créer de nouveaux emplois ».

Dakar est la capitale politique, économique et culturelle de la République du Sénégal et compte quatre millions d'habitants, soit le quart de la population sénégalaise. Ce paradoxe d’une frange de 25 % de la population vivant sur seulement 0,28 % du territoire national se traduit par une forte pression sur l'occupation des sols, des coûts de logement élevés, une concentration de tous les services et activités (port, commerces, banques, administration) sur une petite superficie, et de sérieux problèmes de transport - autant de facteurs qui ont un impact négatif sur l'économie du pays.

Dakar en particulier est confrontée à une crise des transports. Le nombre de véhicules à moteur dans la ville augmente à un rythme de plus de 8% par an. Bien que 10% de la population seulement y possèdent une voiture, ce groupe occupe la majorité de l'espace routier limité de la ville, tandis que les 76% de la population qui utilisent une forme quelconque de transport en commun sont confrontés à l'aggravation des embouteillages et à la mauvaise qualité des services. 

Chaque matin, des milliers de personnes font la navette entre les banlieues, la périphérie de la ville et le centre de Dakar, où se concentre la plupart des activités économiques. Le soir, le mouvement inverse se produit. En conséquence, chaque année, des centaines de milliers d'heures de productivité économique sont perdues et les cas de maladies respiratoires graves augmentent constamment. La demande en transport est très élevée et dépasse la capacité des infrastructures et des services en place.

La densité de Dakar en fait une ville bien adaptée au système de transport en commun à moyenne distance. Le Gouvernement du Sénégal a donc fait de l'amélioration des transports publics dans l'agglomération de Dakar une priorité et lancé deux grands projets : le Train express régional (TER) et un système de transport rapide par autobus (BRT). 

Le système BRT permettra à des bus modernes et de grande capacité de circuler sur une voie réservée. Il traversera 14 communes à l'ouest de Dakar et vise à transporter 300 000 passagers par jour et à réduire le temps de trajet de 95 à 45 minutes.

Dans la partie Est de la ville, compte tenu du nombre de personnes à transporter et des distances à parcourir, un système de train rapide et efficace - le TER - est en cours de mise en place. Les projets TER et BRT seront connectés par de nouveaux services de bus reliant les gares, afin de permettre à la population d'accéder rapidement à ces nouveaux modes de transport. 

Le projet TER comprend une liaison ferroviaire entre le centre-ville de Dakar et le nouveau centre urbain de Diamniadio distants de 36 km (Phase I). Ultérieurement, le projet sera également relié à l'Aéroport international Blaise Diagne, sur une distance de 19 km (Phase II). Les installations ferroviaires actuelles sont en train d’être remplacées par des rails à quatre voies : deux voies électrifiées à écartement standard dédiées au transport de passagers qui remplaceront le service ferroviaire actuel, une voie métrique pour le fret, et une bande de terrain réservée au développement d'une voie de maintenance et de service, qui pourrait être utilisée à l'avenir pour construire une quatrième voie.

En outre, le projet prévoit la construction d'infrastructures ferroviaires (ponts, quais, terrassements, installations de maintenance du matériel roulant, etc.) et de systèmes électriques (électricité, signaux, télécommunications, billetterie, etc.) ainsi que la construction ou la rénovation de 14 gares. 

La BID a contribué à hauteur de 300 millions d'euros à la Phase I du Projet TER. Ce financement a permis de prendre en charge le remplacement de l'ancienne ligne de chemin de fer et la construction de passerelles pour piétons et de ponts routiers pour le trafic, afin de relier les deux côtés du corridor ferroviaire.

La Phase I du projet a atteint ses objectifs et changé le visage de Dakar : une fois les essais terminés, les nouveaux trains réduiront le temps de trajet entre le centre-ville de Dakar et Diamniadio de 1,5 heure (2015) à 0,5 heure. Avec six trains par heure (un train toutes les 10 minutes) roulant à une vitesse maximale de 160 km par heure et transportant 115 000 passagers par jour dans des conditions sûres et confortables, le TER est un système de transport de masse qui répond aux normes internationales en matière de mobilité urbaine. La Phase I du projet TER desservira 13 stations et arrêts entre Dakar et Diamniadio. La 14e station - à l'Aéroport international Blaise Diagne - sera opérationnelle à la fin de la Phase II.

Le Projet TER permet également d'atteindre une rentabilité socio-économique. Les études socio-économiques réalisées ont montré que la Phase I à elle seule permet d'atteindre un taux de rentabilité interne compris entre 11,9 % et 14,9 %. Les stations individuelles contribueront à la redynamisation de leurs sites, en favorisant l'émergence d'activités économiques connexes autour du TER.

Le développement du système de transport en commun à moyenne distance du Train express régional a amélioré la vie de milliers d’habitants de la banlieue de Dakar, tout en réduisant la pollution due aux transports et en créant des emplois. Le projet a contribué à la création de nouveaux métiers et de nouvelles vocations dans l'industrie ferroviaire, et environ 3 000 jeunes Sénégalais ont été recrutés pendant les phases de construction et d'exploitation. Les populations se réjouissent des changements que le projet a apportés à leur vie en termes de qualité des infrastructures, d'options de transport, de gain de temps et de débouchés commerciaux.

Enfin, le TER est un train électrique, ce qui signifie qu'il est moins polluant, plus silencieux et moins cher à faire fonctionner. Il pollue cinq fois moins que les voitures et contribuera à la réduction de la pollution de l'air à Dakar d'environ 17 000 tonnes de dioxyde de carbone chaque année.

La réussite du Projet TER est le résultat d'une étroite collaboration et d'un partenariat entre les partenaires du Sénégal, notamment la BID, le Gouvernement français, l'Agence française de développement, et la Banque africaine de développement (BAD). La BID s'est déjà engagée à participer au financement de la Phase II du projet TER qui dessert l'Aéroport international Blaise Diagne. 

Le TER a été un projet phare pour le secteur des transports urbains au Sénégal et a suscité une visite très remarquée du président de la République du Sénégal Macky Sall, ainsi que des présidents de la BID et de la BAD. 

Lors de cette visite, le président Macky Sall, a déclaré : « C'est mon héritage pour les générations futures ».