FIBA

Consciente du potentiel des awqaf en matière de développement, la BID est l’une des premières à avoir financé plusieurs projets awqaf préalablement à la création du Fonds d’investissement des biens awqaf (FIBA). Ces projets illustrent la volonté de longue date de la BID d’apporter un soutien concret au concept d’awqaf

La création du FIBA a été approuvée en 1997 lors de la 6ème réunion des ministres des Awqaf des pays membres de l’Organisation de Coopération Islamique (OCI), qui s’est tenue à Jakarta, en Indonésie. 

Le FIBA a permis d’institutionnaliser le soutien de la BID en faveur des awqaf, qui se traduit par le financement du développement de biens immobiliers awqaf, en ciblant particulièrement les biens dont les revenus sont destinés à être utilisés conformément aux conditions énoncées par le constituant waqif, étant donné que ce type d’awqaf vise à rembourser les fonds prêtés grâce aux revenus générés par le bien lui-même. Le FIBA distribuant des dividendes, une composante d’investissement à impact a été intégrée afin d’encourager la mobilisation de ressources en faveur des awqaf

Ressources du FIBA

Aux côtés de neuf autres établissements, la BID a créé le FIBA en 2001 grâce à des souscriptions s’élevant à 50 millions USD. 

le FIBA compte 14 participants, dont la BID, des ministères des awqaf, des organisations awqaf et des banques islamiques, ainsi qu’un capital libéré total de 83.38 millions USD. Afin d’accroître les ressources du FIBA, la BID a ouvert une ligne de financement de 100 millions USD, destinée à être utilisée dans le cadre des projets du FIBA. 

Rôle du FIBA

Le FIBA participe au financement de biens immobiliers commerciaux et résidentiels en tant que waqfs (dotations) générateurs de revenus assortis d’un waqf (dotation). 

le portefeuille du FIBA comprend 55 projets achevés ou en cours, pour une valeur totale de 1,18 milliard USD. La BID contribue à hauteur de 161 millions USD issus du FIBA et de 370 millions USD issus de sa ligne de financement, le reste provenant des bénéficiaires. 

Le FIBA aide les organisations awqaf et caritatives à remplir leur mission en leur fournissant les ressources nécessaires au développement de terrains awqaf appartenant à ces organisations, à la rénovation de biens awqaf, ou encore à l’acquisition de biens destinés à être utilisés comme awqaf. Les organisations awqaf et caritatives bénéficiaires sont tenues d’utiliser les revenus locatifs générés par ces projets pour financer leurs activités sociales et caritatives.

Mission du FIBA

Le FIBA vise à redynamiser la sunna islamique du waqf via le développement de biens awqaf à travers le monde en vue d’accroître leur rendement et de contribuer au développement socioéconomique durable de l’oumma (communauté).

Objectif du FIBA

L’objectif du FIBA est de garantir la pérennité, l’indépendance financière et le développement social d’organisations philanthropiques qui œuvrent en faveur de l’oumma islamique.

La stratégie du FIBA consiste à octroyer un financement en vue de développer et d’investir, conformément aux principes de la charia islamique, dans des biens immobiliers awqaf résidentiels et commerciaux présentant une viabilité sociale, économique et financière dans des pays membres ou non-membres. Ainsi, ces biens awqaf auparavant laissés à l’abandon prennent de la valeur et deviennent des actifs de haut standing générateurs de revenus de prestige. 

Modèle de fonctionnement du FIBA et cycle de vie des projets

En résumé, le FIBA aide des organisations menant des activités en faveur du développement à atteindre une pérennité financière via le financement du développement de terrains awqaf ou de la constitution de nouvelles dotations caritatives. Sous réserve d’une participation financière d’au moins 25% du coût total du projet ou de la fourniture d’une parcelle de terrain adéquate (en cas de projet sur site vierge) par le bénéficiaire, le FIBA finance la construction, la rénovation et/ou l’acquisition de biens immobiliers générateurs de revenus. En règle générale, le projet est conçu de manière à ce que le remboursement des fonds prêtés soit intégralement couvert par les revenus du projet lui-même et, idéalement, qu’une somme importante revienne au bénéficiaire pour financer ses activités sur la période de remboursement. Une fois les fonds remboursés, l’ensemble des revenus générés reviennent au bénéficiaire pour financer ses activités à perpétuité. Ce modèle est schématisé dans l’Illustration 1 cidessous.

Le cycle de vie des projets du FIBA est globalement similaire à celui d’autres projets de développement menés par la BID, à quelques exceptions près. Tout d’abord, contrairement aux projets souverains, le document de lancement peut être une demande officielle émanant d’une entité souveraine ou non. En effet, le FIBA est l’une des rares sources de financement de la BID qui ne requiert pas nécessairement de garantie souveraine. 

Ensuite, le FIBA peut accepter des demandes émanant d’organisations exerçant leurs activités dans des PM comme dans des PNM. 

Enfin, l’accent est mis sur un contrôle juridique et de conformité préalable (KYC), étant donné que les projets du FIBA visent à apporter un soutien financier à des organisations menant d’ores et déjà des activités en faveur du développement afin qu’elles jouissent d’une pérennité financière. Ainsi, l’éligibilité et le mérite des activités du bénéficiaire ainsi que l’intégrité de ses principaux membres doivent être vérifiés au plus tôt, puisque le FIBA n’intervient pas dans les activités de développement menées par l’organisation.

Autre caractère distinctif du cycle de vie des projets FIBA : les indicateurs financiers mesurés lors de la phase d’évaluation. Dans le cadre de ces projets, les indicateurs essentiels sont le taux de rendement interne (TRI) et le taux de couverture de la dette (TCD). Contrairement aux projets de développement souverains habituels, la plupart des projets du FIBA sont censés couvrir le remboursement des fonds grâce aux revenus du projet lui-même et n’ont donc pas lieu d’être s’ils ne permettent pas d’honorer les paiements échelonnés (étant donné que l’objectif premier de ces projets est la génération de revenus). Idéalement, et outre l’aspect sécuritaire, le TCD devrait être suffisamment important pour que les revenus soient bien supérieurs aux paiements échelonnés et permettent de financer les activités du bénéficiaire, y compris pendant la période de remboursement.